La Qualité de l’eau dans l’habitat, L’eau du robinet (eau potable)

La qualité de l’eau, de quoi parle t’on?

La qualité de l’eau dans la maison est testée par l’exploitant du réseau d’eau potable permettant son acheminement.

La qualité de l’eau est contrôlée sur les paramètres suivants:

La turbidité :

Il s’agit de l’opalescence de l’eau (transparence). Le niveau de turbidité varie notamment lors de la maintenance des réseaux et se trouve dépendant des traitements permettant la potabilisation en amont du réseau. De forte pluie accroisse la turbidité de l’eau brute de surface. Il est à noter que le traitement par floculation permettant de faire diminuer cette turbidité utilise soit des sels de fer soit des sels d’aluminium. Cela peut engendrer la présence de ces deux métaux en concentration résiduelle.

La turbidité n’a pas de réel impact toxique mais empêche la bonne désinfection de l’eau et peut modifier l’aspect et le goût de l’eau.

La dureté :

La dureté de l’eau est la quantité de magnésium et de calcium dissoute dans l’eau. On parle d’eau douce, lorsque l’eau est pauvre pour ces éléments. L’eau douce est agressive, elle corrode les canalisations et peut augmenter la concentration en plomb de l’eau si ces dernières sont en plomb. On parle d’eau dure si les la concentration en magnésium et calcium est importante (à partir de 15°F). On constate dans ce cas une couche de « tartre » dans les canalisations. Le tartre se trouve être une protection naturelle pour les personnes connecté à un réseau en plomb mais il peut favoriser les développements bactériens. Les adoucisseurs diminuent la dureté de l’eau en substituant le calcium par du sodium, attention à bien les régler ainsi qu’à bien les entretenir si vous en utilisez.

Les Nitrates :

Les nitrates peuvent être dangereux pour la santé des nourrissons à partir de 15mg/l. Ils provoquent une maladie nommée la méthémoglobinémie (ou maladie du bébé bleu) en empêchant l’oxygène de se fixer sur l’hémoglobine. En outre, ils engendrent l’apparition de nitrosamines (molécules cancérigènes) dans l’intestin (environnement anaérobie). Leur apport dans l’alimentation par l’eau est cependant à relativiser car ils sont en fortes concentrations dans les légumes en croissance (cœur de salade par exemple). Un jus de citron dans la sauce de salade limitera la formation de nitrosamines.

Le Fer :

Le Fer provoque des tâches sur le linge mais n’a pas d’effet toxique sur les concentrations rencontrées dans l’eau potable. Il est souvent rencontré en présence de Manganèse dans les eaux brutes (avant potabilisation).

L’aluminium :

L’aluminium est suspecté d’être à l’origine de maladie telle que la maladie d’Alzheimer. La concentration maximale tolérée est de 0.2 mg/l.

Les bactéries et le chlore :

Plusieurs types de bactéries peuvent être présents dans les réseaux d’eau potable. Elles sont par exemple responsables des biofilms qui se déposent dans les canalisations. Le chlore (puissant oxydant) désinfecte les réseaux en éliminant les bactéries. Sa présence est garante d’une bonne qualité biologique de l’eau. Le chlore dissous n’a pas d’odeur, il est détectable par l’odorat lorsqu’il a réagi avec de la matière organique pour former des chloramines.

Les micropolluants et problématiques émergentes :

polluants en quantités relativement faibles mais dont le traitement est difficile.

Les pesticides :

Les pesticides sont utilisés dans l’agriculture mais également dans les jardins des particuliers. Les niveaux de concentrations sont très faibles (0.1 µg/l). Leur toxicité est importante. Ils sont essentiellement présents dans les eaux de surface et les nappes peu profondes et donc dans les eaux potables utilisant ces sources d’approvisionnement.

Les nanoparticules :

De plus en plus utilisées dans l’industrie, ces particules se retrouvent maintenant dans l’environnement et notamment dans l’eau potable. Leur impact sur la santé est très peu connu mais leurs caractéristiques physiques leur permettent de traverser les barrières de protection de l’organisme.

Les toxines algales et cyanobactéries:

L’eutrophisation des eaux de surface est à l’origine de l’augmentation du nombre de ces toxines. Là encore peu de données sont disponibles sur leur impact sur la santé même si leurs toxicités sont avérées.

Les métaux lourds :

Le plomb est le plus fréquent. Il est très toxique et s’accumule dans l’organisme. La teneur maximale a été abaissée en 2013 : 10µg/l. Le Mercure et le Cadmium sont également à surveiller. On trouve également dans la législation les nouveaux seuils suivants : l’Arsenic (max : 10µg/l), de l’Antimoine (max : 5 µg/l), et du Nickel (max : 20 µg/l). Il est à noter que certaines eaux minérales en bouteille en contiennent beaucoup.

Les médicaments, dérivés pharmaceutiques et hormones:

Certaines études établissent le lien entre la concentration d’hormone dans l’eau et l’anticipation de l’apparition des caractères sexuels secondaires chez les jeunes enfants.

La matière organique :

La matière organique dissoute est problématique car elle empêche le chlore de désinfecter correctement, elle peut créer des sous-produits toxiques après oxydation par ce dernier et peut-être utilisée comme source de carbone pour la croissance de colonie bactérienne.

Les effets cocktails

Les effets cocktail sont le résultat sur l’organisme du mélange de toutes ces substances. Ils sont très mal connus pour l’instant et leur toxicité très difficile à estimer. On utilise pour cela des bio-indicateurs ou bio-capteur.

 

Les paramètres de qualité de l’eau:

Paramètre                                         Valeur Limite de qualité                            Référence de qualité

Aluminium total µg/l                                                                                                    ≤ 200 µg/l

Ammonium (en NH4)                                                                                                  ≤ 0,1 mg/L

Bact. aér. revivifiables à 22°-68h                                                                             ≤ 0  n/mL

Bact. aér. revivifiables à 36°-44h                                                                              ≤ 0 n/mL

Bact. et spores sulfito-rédu./100ml                                                                       ≤ 0 n/100mL

Bactéries coliformes /100ml-MS                                                                            ≤ 0 n/100mL

Chlore libre (actif)                                                                                                         0.1 mg/LCl2

Coloration                                                                                                                        ≤ 15 mg/L Pt

Coloration après filtration simple                                                                           ≤ 15 mg/L Pt

Conductivité à 20°C                                                                                                      ≥180 et ≤ 1000 µS/cm

Conductivité à 25°C                                                                                                      ≥200 et ≤ 1100 µS/cm

Entérocoques /100ml-MS                                           ≤ 0 n/100mL

Escherichia coli /100ml -MF                                        ≤ 0 n/100mL

Fer total                                                                                                                            ≤ 200 µg/l

Manganèse total                                                                                                          ≤ 50 µg/l

Température de l’eau (2)                                                                                          ≤ 25 °C

Turbidité néphélométrique NFU                                                                            ≤ 2 NFU

pH                                                                                                                                       ≥6,5 et ≤ 9 unitépH

Quelques Limites maximale:

– atrazine et ses métabolites : ≤ 0,1 µg/l ;

– total des pesticides analysés : ≤ 0,5 µg/l ;

– critères bactériologiques (bactéries coliformes) : absence dans 100 ml ;

– nitrates : ≤ 50 mg/l ;

– radioactivité (dose totale indicative) : ≤ 0,1 mSv/an ;

– aluminium : ≤ 200 µg/l ;

– sélénium : ≤ 10 µg/l.

 

L’eau brute captée

Cette eau est très sensible aux pollutions agricole, industrielle et domestique. On peut noter l’eau de surface, l’eau de nappe peu profonde ou l’eau de source. Tous les paramètres de pollution de l’eau potable se retrouve en concentrations souvent bien supérieure (pas de traitement). La situation géographique et l’activité socio-économique impactent directement sa qualité.

L’eau stockée (de pluie)

Cette eau étant principalement pluviale, elle est très pauvre en minéraux. Sont pH est théoriquement relativement acide ce qui en fait une eau légèrement corrosive. Sa nature est modifiée lors de la collecte.

Contamination par ruissellement

L’eau se charge en métaux dans les chenaux et sur les toitures métalliques.

Contamination liée au stockage

Si le réservoir n’est pas propre, il est possible que de la matière organique présente permette le développement de bactéries. Si le réservoir n’est pas à l’air libre, une fermentation peut se mettre en place et du gaz H2S peut apparaître (odeur d’œuf pourri).